Voyager en train avec un grand chien

Sur le papier, voyager en train avec son chien est assez simple : un billet, une laisse, une muselière et c’est parti.

Dans la vraie vie, quand votre compagnon fait 35, 40 ou 50 kilos et qu’il est censé passer trois heures « à vos pieds », les choses deviennent tout de suite un peu plus… géométriques.

Parce que le vrai sujet n’est pas tellement de savoir si votre grand chien peut prendre le train. Oui, il peut.

Le vrai sujet, c’est plutôt : où va t’on mettre tout ce chien ?

Et après plusieurs voyages, il y a quelques petites choses qu’on aurait aimé savoir dès le début.

Commençons par les règles, promis, ça va être rapide

Sur les TGV INOUI et INTERCITÉS, un chien qui ne voyage pas dans un contenant doit être tenu en laisse, muselé pendant le trajet et installé à vos pieds.

Son billet doit être ajouté à votre réservation.

Et oui, la muselière reste obligatoire même si votre chien est adorable, parfaitement éduqué et regarde le contrôleur avec les yeux de celui qui n’a manifestement jamais rien fait de mal de sa vie.

Petit conseil : ne lui présentez pas sa première muselière sur le quai cinq minutes avant le départ. Quelques séances tranquilles à la maison, avec des friandises et sans pression, rendent généralement l’expérience beaucoup moins théâtrale.

Mais une fois le billet et la muselière réglés, il reste selon nous le détail qui change vraiment tout : la place que vous choisissez.

Notre meilleur tip vient d’un trajet qui avait plutôt mal commencé

Lors d’un de nos premiers trajets avec un grand chien, on avait réservé en première classe en se disant, assez logiquement, qu’on aurait un peu plus d’espace.

Spoiler : pas vraiment.

On s’est retrouvés dans une zone de passage, avec peu de place au sol et des voyageurs devant et derrière qui n’étaient pas franchement ravis d’avoir un grand chien à proximité.

Résultat, cette sensation très agréable de surveiller quatre pattes, une queue et le passage dans l’allée en permanence.

Heureusement, on est tombés sur des contrôleurs absolument adorables.

Ce sont eux qui nous ont proposé de changer de place et qui nous ont donné une astuce qu’on utilise depuis : chercher les places dites « cul de sac ».

Non, vous ne trouverez pas l’option « cul de sac » sur SNCF Connect.

L’idée est simplement de chercher les endroits où il y a le moins de circulation possible autour de votre siège, notamment les fins de salle et certaines extrémités de voiture.

Une fois déplacés, changement total.

Plus de calme, beaucoup moins de personnes qui passaient près du chien et surtout beaucoup moins de :

« Pardon… les pattes… oui, pardon encore. »

On a même eu droit à un vrai petit traitement de faveur.

Une fois tranquillement installés dans notre coin, les contrôleurs nous ont autorisés à lui retirer la muselière pour qu’il puisse dormir confortablement, mais aussi boire et manger.

C’était particulièrement appréciable, mais il faut être clair : c’était une autorisation donnée par l’équipe de bord sur ce trajet, pas une règle générale SNCF.

Officiellement, un grand chien voyageant en laisse doit rester muselé pendant le trajet. Si votre chien a besoin de boire ou de manger et que cela nécessite de retirer sa muselière, le plus simple reste donc de demander directement au contrôleur.

Une équipe compréhensive, un chien calme et un emplacement qui ne gêne personne peuvent parfois rendre le voyage beaucoup plus agréable pour tout le monde.

Le petit réflexe à avoir sur un TGV Duplex

Depuis ce voyage, on ne choisit plus une place uniquement en fonction de la première ou de la seconde classe, de la fenêtre ou de l’étage.

On regarde d’abord où le chien pourra réellement se coucher.

Et sur un TGV Duplex, il y a un détail particulièrement intéressant à observer : les salles basses et les extrémités de voiture.

Les salles basses sont plus compactes et, selon la rame, peuvent être beaucoup moins traversées que l’étage supérieur. Sur les Duplex, les voyageurs circulent notamment au niveau supérieur pour rejoindre les voitures voisines, ce qui peut rendre certaines parties du niveau inférieur beaucoup plus tranquilles.

Pour un grand chien, c’est exactement ce que l’on cherche.

Moins de passage signifie moins de personnes qui l’enjambent, moins de mouvements autour de lui et surtout davantage de chances qu’il s’installe et dorme tranquillement.

Sur les autres trains, gardez simplement la même logique : cherchez la géographie de la voiture plutôt que la meilleure classe.

Les extrémités sont souvent intéressantes. Les zones proches des bagages peuvent parfois offrir davantage de recul ou d’espace au sol, mais regardez bien où se situe le passage.

Parce qu’être près des bagages est une excellente idée jusqu’au moment où la moitié de la voiture décide de récupérer sa valise exactement au dessus de votre chien.

Devant un plan de train, la question à se poser est finalement très simple :

« Est ce que mon chien pourra rester couché ici sans être enjambé toutes les cinq minutes ? »

Si la réponse est oui, vous êtes probablement au bon endroit.

Et paradoxalement, une bonne place en seconde classe peut être beaucoup plus confortable avec un grand chien qu’une mauvaise place en première.

Regardez aussi les zones PMR

Autre chose à observer sur le plan : la configuration autour des espaces accessibles.

Certaines rames disposent de zones plus dégagées avec des sièges ordinaires situés à proximité. Selon le train, leur configuration peut être intéressante lorsque l’on voyage avec un grand chien.

Évidemment, il ne s’agit jamais d’occuper un emplacement réservé à un voyageur en fauteuil roulant ni de monopoliser une place prioritaire simplement pour gagner de l’espace.

En revanche, lorsque des sièges classiques se trouvent autour de ces zones, cela vaut la peine de regarder le plan.

Quelques dizaines de centimètres supplémentaires peuvent sembler anecdotiques.

Ajoutez quatre grandes pattes, une queue, vos jambes et éventuellement une valise, et ces quelques centimètres deviennent soudain une suite présidentielle.

Même réflexion pour les fameux carrés de quatre places.

Sur le plan, ils semblent spacieux.

Dans la réalité, quatre personnes, une table et un chien de 40 kilos couché au milieu peuvent rapidement se transformer en championnat de Tetris.

Avant le train, notre objectif est simple : chien fatigué, humain tranquille

Pas besoin de lui faire courir Paris Marseille avant de monter dans le TGV.

Une bonne promenade suffit généralement.

On marche, on renifle, on fait ses besoins et on dépense tranquillement un peu d’énergie.

Le scénario parfait est ensuite assez merveilleux dans sa simplicité : il monte dans le train, trouve son coin, s’allonge et dort.

Prévoyez simplement à portée de main de l’eau, une gamelle de voyage, quelques friandises, des sacs et éventuellement une petite couverture ou un tapis qu’il connaît.

Le mot important étant « à portée de main ».

Parce que sa gamelle rangée tout au fond d’une valise, elle même coincée sous cinq autres valises, n’a étonnamment plus beaucoup d’utilité au moment où il décide qu’il meurt de soif.

Et si vous pouvez éviter les trains bondés, faites le

Un grand chien calme n’est généralement pas particulièrement compliqué à gérer.

Un grand chien calme entouré de quinze valises, d’une poussette, d’un groupe qui cherche ses places et d’une personne qui doit absolument passer exactement là où se trouve sa queue, c’est déjà moins reposant.

Quand votre emploi du temps le permet, privilégier un horaire un peu moins chargé peut vraiment améliorer le voyage.

Réserver suffisamment tôt permet également d’avoir davantage de choix de placement.

Avec un grand chien, le meilleur siège du train n’est pas forcément celui avec la plus jolie vue.

C’est souvent celui où personne n’a besoin de l’enjamber toutes les cinq minutes.

TGV, OUIGO, TER : regardez toujours la configuration

Les chiens sont acceptés à bord de différents trains, mais les conditions et surtout les configurations peuvent varier d’une rame à l’autre.

Le meilleur réflexe reste donc de regarder le plan lorsque celui ci est disponible et de penser espace et circulation avant numéro de siège.

Quand on voyage avec un petit chien, on choisit essentiellement une place pour soi.

Quand on voyage avec un grand chien, on choisit un petit morceau de train dans lequel deux êtres doivent réussir à cohabiter pendant quelques heures.

Et avec la bonne place, une bonne promenade avant le départ et un chien suffisamment à l’aise avec sa muselière, le train peut franchement devenir l’un des moyens les plus agréables de voyager ensemble.

Même avec 40 kilos de compagnon à quatre pattes.

Le mot de la Conciergerie

Beaucoup de conseils de voyage avec un chien sont pensés pour ceux que l’on peut glisser dans un sac de transport.

À la Conciergerie, on s’intéresse aussi aux autres.

Ceux qui ont de grandes pattes, prennent légèrement plus de place que prévu et nous obligent parfois à étudier le plan d’un TGV comme un architecte.

Parce que techniquement, voyager avec 5 kilos ou 40 kilos de chien relève du même règlement.

Dans la vraie vie… pas tout à fait.

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